
Je surfe maintenant à vous en lasser, c’est certain, sur le faux le vrai, sans avoir rien défini. Vous devez être bien déçus. Idem pour l’Ego. On ne sait toujours pas ce que c’est. Je ne détiens rien. Je pressens. Et puis, le vrai le faux, l’Ego et toutes ces représentations mentales, ça n’est pas fixe et ça peut même surprendre en s’inversant. Pas de logique dès qu’on adopte une position métaphysique. Il faudrait rester scientifique, froid et objectif (sujet observant absent, lire ou relire Goethe l’hérésiarque), vainement à mon avis. Pas facile de se mouvoir dans cet inextricable fouillis en mouvance permanente. J’ai éfleuré les sujets, bien incapable que je suis d’exprimer clairement le tréfond de mes pensées. Je ne me comprends pas moi-même et trop faiblement cultivé. J’ai évoqué l’ego dans la relation qu’il peut avoir avec lui-même ; dans sa relation aux autres ego. J’ai abordé la notion qui nous étouffe tous : l’idéalisme ou l’arrière-monde des Idées. Ici, une synthèse de la grande dynamique humanesque égomorphique (sans prétention). Attention, c’est chargé plus que d’habitude.
Le titre de mon article : les hommes, les femmes, les enfants, les chiens et les chats etc ; une scène, légèrement dantesque pour ceux qui ont fait un rapprochement, avec ses diableries, ses tromperies, ses arrières-mondes, ses petits bonheurs. Mais je doute que les damnés de Dante soient les premiers sur la liste des partants pour les enfers (épicuriens, violents et rebelles, suicidés, brigands, sodomites…) ou alors peut-être les usuriers et toutes sortes de manipulateurs forts en tromperie. Pour faire court, la vie est un spectacle où les spectateurs sont les acteurs. Mais ils ne s’en aperçoivent pas souvent et l’oublient aussi vite que ça leur est venu. On peut découper le film en séquences, avec ses flash-back, ses contres plans, technicolor, et effets spéciaux garantis. Précision : on y meurt qu‘une fois. Si cela paraît évident, dans le film, ce n’est pas acquis pour la plupart des comédiens.
Les images importent donc et elles sont de deux sortes : celles qui sont créées par le cerveau (rêve, imagination) et celles reçues par nos sens, perçues puis interprétées par l’encéphale. Les philosophes grecs décrivent bien celles du premier genre en les nommant « simulacres ». Sans rentrer dans le détail, je me permettrais la facilité d’appeler également les secondes simulacres par extension. Tout est donc simulacre. Dans un sens, non maîtrisé (rêve) ou abstrait (imagination) et dans l’autre, souvent faussées, les images peuvent l’être à cause de sens défectueux, d’un champ de perception corrompu ou d’une interprétation par le cerveau complètement originale. L’esprit est toujours responsable (esprit du corps ?). Et c’est lui qui s’invente le moi et tout le reste. Simulacres. Histoire grecque : « La légende raconte qu’un sculpteur chypriote tombe amoureux de l’oeuvre qu’il façonne; dans un élan de magnanimité, les dieux décident de l’animer. Devenue, par la volonté divine, femme et épouse de son créateur, cette dernière reste néanmoins un artefact qui, s’il est doué d’âme et de corps, n’en demeure pas moins un fantasme. Un simulacre, précisément. Artifice privé de modèle, le simulacre ne copie pas un objet réel, il s’y projette plutôt et l’escamote, il existe en soi. » (c’est pour Spartacus)

Reprenons le mythe de la caverne de Socrate. C’est une autre façon de comprendre les simulacres et cette divine, heu non, humaine comédie. Ils s’imposent à nous insidieusement, sournoisement. L’on croit savoir, l’on ne sait rien. L’on parle de conscience mais qu’elle est faible et, par étymologie, débile. Nous prenons ça gravement pour la réalité (hein magikW ? Pas la Vérité), propre à chacun :
« – Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine en forme de caverne, dont l’entrée, ouverte à la lumière, s’étend sur toute la longueur de la façade ; ils sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou pris dans des chaînes, en sorte qu’ils ne peuvent bouger de place, ni voir ailleurs que devant eux ; car les liens les empêchent de tourner la tête ; la lumière d’un feu allumé au loin sur une hauteur brille derrière eux ; entre le feu et les prisonniers il y a une route élevée ; le long de cette route figure-toi un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent entre eux et le public et au-dessus desquelles ils font voir leurs prestiges.
– Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des ustensiles de toute sorte, qui dépassent la hauteur du mur, et des figures d’hommes et d’animaux, en pierre, en bois, de toutes sortes de formes ; et naturellement, parmi ces porteurs qui défilent, les uns parlent, les autres ne disent rien.
– Ils nous ressemblent. Et d’abord penses-tu que dans cette situation ils aient vu d’eux-mêmes et de leurs voisins autre chose que les ombres projetées par le feu sur la partie de la caverne qui leur fait face ?
– Examine maintenant comment ils réagiraient, si on les délivrait de leurs chaînes et qu’on les guérît de leur ignorance, et si les choses se passaient naturellement comme il suit. Qu’on détache un de ces prisonniers, qu’on le force à se dresser soudain, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière, tous ces mouvements le feront souffrir, et l’éblouissement l’empêchera de regarder les objets dont il voyait les ombres tout à l’heure. Je te demande ce qu’il pourra répondre, si on lui dit que tout à l’heure il ne voyait que des riens sans consistance, mais que maintenant plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ; si enfin, lui faisant voir chacun des objets qui défilent devant lui, on l’oblige à force de questions à dire ce que c’est : ne crois-tu pas qu’il sera embarrassé et que les objets qu’il voyait tout à l’heure lui paraîtront plus véritables que ceux qu’on lui montre à présent ?
– Et si on le forçait à regarder la lumière même, ne crois-tu pas que les yeux lui feraient mal et qu’il se déroberait et retournerait aux choses qu’il peut regarder, et qu’il les croirait réellement plus distinctes que celles qu’on lui montre?
– Et si on le tirait de là par force, qu’on lui fît gravir la montée rude et escarpée, et qu’on ne le lâchât pas avant de l’avoir traîné dehors à la lumière du soleil, ne penses-tu pas qu’il souffrirait et se révolterait d’être ainsi traîné, et qu’une fois arrivé à la lumière, il aurait les yeux éblouis de son éclat et ne pourrait voir aucun des objets que nous appelons à présent véritables ?
− Il devrait en effet s’y habituer, s’il voulait voir le monde supérieur. Tout d’abord ce qu’il regarderait le plus facilement, ce sont les ombres, puis les images des hommes et des autres objets reflétés dans les eaux, puis les objets eux-mêmes ; puis élevant ses regards vers la lumière des astres et de la lune, il contemplerait pendant la nuit les constellations et le firmament lui-même plus facilement qu’il ne ferait pendant le jour le soleil et l’éclat du soleil.
– A la fin, je pense, ce serait le soleil, non dans les eaux, ni ses images reflétées sur quelque autre point, mais le soleil lui-même dans son propre séjour qu’il pourrait regarder et contempler tel qu’il est.
– Après cela, il en viendrait à conclure au sujet du soleil, que c’est lui qui produit les saisons et les années, qu’il gouverne tout dans le monde visible et qu’il est en quelque manière la cause de toutes ces choses que lui et ses compagnons voyaient dans la caverne.
– Si ensuite il venait à penser à sa première demeure et à la science qu’on y possède, et aux compagnons de sa captivité, ne crois-tu pas qu’il se féliciterait du changement et qu’il les prendrait en pitié ?
– Quant aux honneurs et aux louanges qu’ils pouvaient alors se donner les uns aux autres, et aux récompenses accordées à celui qui discernait de l’oeil le plus pénétrant les objets qui passaient régulièrement les premiers ou les derniers, ou ensemble, et qui par là était le plus habile à deviner celui qui allait arriver, penses-tu que notre homme en aurait envie, et qu’il jalouserait ceux qui seraient parmi ces prisonniers en possession des honneurs et de la puissance ? Ne penserait-il pas comme Achille dans Homère, et ne préférerait-il pas cent fois n’être qu’un valet de charrue au service d’un pauvre laboureur et supporter tous les maux possibles plutôt que de revenir à ses anciennes illusions et de vivre comme il vivait ?
– Imagine encore ceci : si notre homme redescendait et reprenait son ancienne place, n’aurait-il pas les yeux offusqués par les ténèbres, en venant brusquement du soleil ?
– Et s’il lui fallait de nouveau juger de ces ombres et concourir avec les prisonniers qui n’ont jamais quitté leurs chaînes, pendant que sa vue est encore confuse et avant que ses yeux se soient remis et accoutumés à l’obscurité, ce qui demanderait un temps assez long, n’apprêterait-il pas à rire et ne diraient-ils pas de lui que, pour être monté là-haut, il en est revenu les yeux gâtés, que ce n’est même pas la peine de tenter l’ascension ; et, si quelqu’un essayait de les délier et de les conduire en haut, et qu’ils pussent le tenir en leurs mains et le tuer, ne le tueraient-ils pas * ?
– Ils le tueraient certainement, dit Glaucon (seule tirade que j‘ai conservée).
– Maintenant il faut, mon cher Glaucon, appliquer exactement cette image à ce que nous avons dit plus haut : il faut assimiler le monde visible au séjour de la prison, et la lumière du feu dont elle est éclairée à l’effet du soleil ; quant à la montée dans le monde supérieur et à la contemplation de ses merveilles, vois-y la montée de l’âme dans le monde intelligible * , et tu ne te tromperas pas sur ma pensée, puisque tu désires la connaître. Dieu sait si elle est vraie ; en tout cas, c’est mon opinion, qu’aux dernières limites du monde intelligible est l’idée du bien, qu’on aperçoit avec peine, mais qu’on ne peut apercevoir sans conclure qu’elle est la cause universelle de tout ce qu’il y a de bien et de beau ; que dans le monde visible, c’est elle qui a créé la lumière et le dispensateur de la lumière ; et que dans le monde intelligible, c’est elle qui dispense et procure la vérité et l’intelligence, et qu’il faut la voir pour se conduire avec sagesse soit dans la vie privée, soit dans la vie publique. » Platon in La République, Livre VII.
C’est long mais quel régal. A la fin, l’homme qui réalise la lumière, le soleil, les reflets, le soi etc, soit devient fou, soit est un sage. La suite, on la devine. Les fous, qui le sont moins que ceux restés dans leur caverne, et les sages qui y reviennent pour éveiller les autres, ne sont jamais bien appréciés dans le scénario qu’il faut absolument respecter.

Tout ne serait qu’illusion. Freud écrit, dans « L’avenir d’une illusion » : « Ce qui caractérise l’illusion, c’est d’être dérivée des désirs humains ; elle se rapproche par là de l’idée délirante en psychiatrie, mais se sépare aussi de celle-ci, même si l’on ne tient pas compte de la structure compliquée de l’idée délirante. Des illusions saines, d’autres pathologiques. » Effectivement, elles sont saines dans la mesure où la comédie peut se dérouler comme la majorité l’a écrite ou l’a acceptée pour la jouer. Mais sont-elles vraies, sincères, spontanées, authentiques, originales, singulières ? Et n’y a-t-il pas au contraire de la répétition, du mimétisme, de l’imitation, du conforme, du normal, du stéréotypé, du général ? L’homme est puissant en imagination mais joue bêtement la partition que d’autres acteurs ont « écrit » ou écrivent dans l’action, comme un sitcom moderne. La technique est pourtant aussi ancienne que l’homme lui-même. Que dit Pascal dans ses « Pensées » ? « [l’imagination] c’est cette partie dominante dans l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté, et d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours, car elle serait règle infaillible de vérité, si elle l’était infaillible du mensonge. Mais, étant le plus souvent fausse, elle ne donne aucune marque de sa qualité marquant du même caractère le vrai et le faux. Je ne parle pas des fous, je parle des plus sages, et c’est parmi eux que l’imagination a le grand droit de persuader les hommes. La raison a beau crier, elle ne peut mettre le prix aux choses.
Cette superbe puissance ennemie de la raison, qui se plaît à la contrôler et à la dominer, pour montrer combien elle peut en toutes choses, a établi dans l’homme une seconde nature. Elle a ses heureux, ses malheureux, ses sains, ses malades, ses riches, ses pauvres. Elle fait croire, douter, nier la raison. Elle suspend les sens, elle les fait sentir. [...] »
Chacune des scènes que nous vivons, que nous jouons en fait, est un simulacre imaginé puis traduit avec le sérieux et la gravité que nous mettons à ce qu’on nomme vulgairement la réalité. Imaginez ET (l’extra-terrestre) débarquant de « home » sur terre et vous découvrant lors d’une commémoration du 11 novembre avec trompettes et salut au drapeaux-discours qui endorment ; ou lors d’une « party » pleine de gens s’alcoolisant à leur rythme et marquant le tempo d’une musique lancinante en se déhanchant et en balançant infiniment la tête qui porte sourire ou son contraire ; ou encore lors d’une cérémonie d’enterrement un peu people vêtu de noir et de blanc, solennelle ; ou dans une foule en délire hurlant à la haine lors d’un match de foot-ball ; ou vous observant en train de faire l’amour comme dans un film porno vulgaire ou style cliché de l’amourcommeilfautlefaire… Il serait figé de stupeur cherchant le Vrai. Le mieux à faire serait de voir ça comme une scène de mauvais scénariste et d’acteurs s’essayant tant bien que mal dans leur art. La vie comme de l’art. Du bel art ou, la plupart du temps, de l’artisanat, du bricolage, de l’impro et encore, quand c’est pas de la merde X. Erwin Panofsky fait le lien des simulacres à l’art : « … dans ce cas l’artiste se contente de redoubler inutilement le monde sensible qui, de toute façon, n’est lui-même qu’une imitation des Idées ; ou bien il engendre d’incertaines et trompeuses apparences qui, au sens où s’entend « l’imitation par simulacre », rapetissent ce qui est grand et grandissent ce qui est petit afin d’induire en erreur notre regard, lui-même imparfait. »
Jusque dans la description de l’Amour comme tentative fusionnelle, Lucrèce, sans doute Epicure, n’est pas tendre. Voici quelques extraits d’un paragraphe de « De rerum natura » intitulé « Malheurs et illusions de la passion .» Pour commencer, Lucrèce fait un lien entre l’aimé et le simulacre qui peut hanter l’amoureux lorsqu’il est privé de son amant. Son image le tourmente jusqu’à la douleur mais cela n’empêche pas l’aimant de chercher un autre objet pour sa passion. Lucrèce prône l’amour libre et décidé : « Fuir l’amour n’est point se priver des joies de Venus, c’est au contraire en jouir sans payer de rançon . » Les amants en couple ne séduisent pas l’hédoniste et Lucrèce n’est pas tendre en les décrivant : « Unis enfin, ils goûtent à la fleur de la vie, leurs corps pressentent la joie et déjà c’est l’instant où Venus ensemence le champ de la femme. Cupides, leurs corps se fichent, ils joignent leurs salives, bouche contre bouche s’entrepressent des dents, s’aspirent, en vain : ils ne peuvent arracher ici ni pénétrer, entièrement dans l’autre corps passer. Par moment on dirait que c’est le but de leur combat tant ils collent avidement aux attaches de Venus et, leurs membres tremblant de volupté, se liquéfient. Enfin jaillit le désir concentré en leurs nerfs, leur violente ardeur s’apaise un court instant, puis un nouvel accès de rage et de fureur les prend tandis qu’ils se demandent ce qu’ils désirent atteindre et ne trouvent aucun moyen de terrasser leur mal, tant les ronge incertains une blessure aveugle. » Aveugle, l’est celui qui tombe amoureux : « Ainsi font les hommes que le désir aveugle : ils prêtent à celles qu’ils aiment des mérites irréels. » Et même si la belle est belle, « Eh bien soit : son visage a toute la grâce possible, le charme de Venus de tout son corps émane. Est-elle la seule ? N’avons-nous donc vécu sans elle ? N’a-t-elle assurément mêmes défauts qu’un laideron ? La malheureuse exhale une odeur repoussante, ses servantes s’enfuient et se rient en cachette, mais l’amant éconduit pleurant devant sa porte souvent couvre le seuil de fleurs et de guirlandes, parfume de marjolaine les montants implacables et plante ses baisers, pauvre homme au cœur de bois. » Pour la mort, mêmes effets des simulacres : « ce sont des images qui leurrent notre esprit quand nous croyons revoir en songe un trépassé. » Peut-on échapper à ce phénomène ? Et pourquoi donc ? Il n’y a ni bien ni mal, chacun suis son chemin. La comédie tourne et prend son sens dans le rôle social que tiennent le simulacre, l’imagination, l’illusion et l’imitation dans la possibilité de jouer ensemble, en quête d‘identification du moi, des ego.

Lévinas, dans « De l’Existence à l’Existant », conclura cet article en soulignant presque l’existence d’un ensemble formé par tous les ego, le « nous », où producteurs, scénaristes, réalisateurs, acteurs, spectateurs, critiques… s’accordent pour rendre harmonieuse notre humaine comédie. « La relation sociale n’est pas initialement une relation avec ce qui dépasse l’individu, avec quelque chose de plus que la somme des individus et supérieure à l’individu, au sens durkheimien. [...] Encore moins le social consiste-t-il dans l’imitation du semblable. Dans ces deux conceptions la sociabilité est cherchée comme un idéal de fusion. On pense que ma relation avec l’autre tend à m’identifier à lui en m’abîmant dans la représentation collective, dans un idéal commun ou dans un geste commun. C’est la collectivité qui dit “nous”, qui sent l’autre à côté de soi et non pas en face de soi. C’est aussi la collectivité qui s’établit nécessairement autour d’un troisième terme qui sert d’intermédiaire, qui fournit le commun de la communion. [...]
Autrui, en tant qu’autrui, n’est pas seulement un alter ego. Il est ce que moi je ne suis pas : il est le faible alors que moi je suis le fort; il est le pauvre, il est “la veuve et l’orphelin”. Il n’y a pas de plus grande hypocrisie que celle qui a inventé la charité bien ordonnée. Ou bien il est l’étranger, l’ennemi, le puissant. L’essentiel, c’est qu’il a ces qualités de par son altérité même. L’espace intersubjectif est initialement asymétrique. […] L’intersubjectivité […] nous est fournie par l’Eros, ou, dans la proximité d’autrui, est intégralement maintenue la distance dont le pathétique est fait, à la fois, de cette proximité et de cette dualité des êtres. Ce qu’on présente comme l’échec de la communication dans l’amour, constitue précisément la positivité de la relation : cette absence de l’autre est précisément sa présence comme autre. L’autre, c’est le prochain – mais la proximité n’est pas une dégradation ou une étape de la fusion. » Trop fort, hein Spartacus ?
Résumé, tout est faux et ça sert à rien de polémiquer puis de s’énerver. C’est la vie. Il n’y a ni Bien ni Mal, ni importance au Vrai plus qu’au Faux. Il s’agit d’un tout inséparable. Nous sommes ce que nous sommes jusqu’à la fin dirait Nietzsche. En tant qu’acteurs de cette comédie, il est encore possible de choisir l’histoire, la scène, le caméraman et même les spectateurs. C’est ça peut-être être soi. Et que fiche de la critique, elle est insignifiante. Le tout, c’est de savoir que l’histoire peut ne jamais s’arrêter ; l’éternité. La mort n’est-elle pas un simulacre comme un autre ?
