LE FAUX LE VRAI

« La première signification de Vrai et de Faux semble avoir son origine dans les récits ; et l’on a dit vrai un récit, quand le fait raconté était réellement arrivé ; faux, quand le fait raconté n’était arrivé nulle part. Plus tard, les philosophes ont employé le mot pour désigner l’accord d’une idée avec son objet ; ainsi, l’on appelle idée vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle-même ; fausse, celle qui montre une chose autrement qu’elle n’est en réalité. Les idées ne sont pas autre chose en effet que des récits ou des histoires de la nature dans l’esprit. Et de là on en est venu à désigner de la même façon, par métaphore, des choses inertes ; ainsi, quand nous disons de l’or vrai ou de l’or faux, comme si l’or qui nous est présenté racontait quelque chose sur lui-même, ce qui est ou n’est pas en lui. »
Spinoza, Pensées métaphysiques (1663), 1er partie, chap. VI, Gallimard, » La Pléiade « , trad. R. Caillois.
Comme le fait remarquer Jacques Bouveresse dans son livre « Peut-on ne pas croire ? « , la réussite et le pouvoir sont, en pratique, le plus souvent assurés par le biais de mensonges et de fausseté et rarement en s’appuyant sur la vérité« . C’est un fait très généralement observé. Même si cette dernière obtient toutes sortes de louanges, elle n’a pas l’attrait des deux premiers ; la vérité, en vérité, déplait. Preuve est faite avec les promesses jamais tenues par les candidats à l’élection ; cela les porte plutôt au pouvoir. Au contraire, le postulant qui dit la vérité a peu de chance d’être élu. »A croire que la vérité ne présente qu’inconvénients quand la fausseté serait avantageuse en donnant l’impression de vrai » remarque Bouveresse. La publicité d’un produit, au même titre que la propagande politique, ment le plus souvent et c’est, ainsi, un avantage pour le distributeur, comme pour le parti. Mais ça ne fait pas souvent de la fausseté un avantage pour le client ou l’électeur. Bouveresse interroge : »La fausseté ressemble à s’y méprendre à la vérité, sinon comment pourrait-elle être crue aussi facilement et avec autant d’opiniâtreté ? » Une impossibilité de discernement, donc, devant la tromperie. Et qui peut affirmer le vrai ou bien le faux ? A ce titre, « les vérités de la science ne sont peut-être que des erreurs qu’elle réussit à présenter et à faire reconnaître comme vraies« . Le faux est-il utile ou indispensable ? Le mensonge, qui se retrouve dans la nature avec l’art de la dissimulation et de la ruse, est une condition nécessaire pour la survie. L’homme ne fait alors que suivre ses instincts, qui peuvent se retourner contre lui.
Alors, pourquoi recherchons nous donc la vérité si le faux joue un rôle si important ? La preuve de cette quête, vieille comme le monde, est la science elle-même. Chez les grecs de l’antiquité, la connaissance n’était qu’un moyen pour parvenir à la vertu, donc au bonheur. Le vrai conduisait au beau et au bien. Mais la connaissance pouvait donner le pouvoir et, conduire à la tyrannie si bien qu’il fallait déjà, par période, se cacher pour pouvoir s’instruire. Vingt siècle plus tard, cela était encore valable, dans toutes les dictatures, de droite comme de gauche. Comme quoi, le vrai peut faire trembler autant que le faux. La science moderne, qui se présente comme objective, libératrice et se proclame vraie, fournit des vérités toujours plus proches du mensonge utile que de la vérité vraie. Comme Bouveresse le fait remarquer : « [la science] n’est pas le produit d’une contemplation désintéressée mais d’une volonté particulière, éloignée de la pureté et de l’innocence citées par Spinoza. » Les dogmes, vérités provisoires, sont arrangeants mais tombent un jour ou l’autre, dépassés par une nouvelle théorie plus vraie mais toujours fausse (Copernic, Galilée, Newton). La découverte du boson de Higgs, sensé être la fin des fins -le dieu du physicien, ne suffira pas à satisfaire une soif inextinguible de vérité. Et si, comme le disait Nietzsche, la volonté de vérité n’était qu’une volonté de mort déguisée ?
L’erreur est la cause de toute évolution, de tout progrès, si bien qu’elle s’avère plus utile que la vérité. Mais, le cancer concerne l’erreur quand elle n’est plus profitable. Pour l’homme qui en éprouve un besoin, la vérité a démontré qu’elle est, elle aussi, une puissance conservatrice de la vie. D’ailleurs, il vaut mieux qu’une cellule ne commette pas trop d’erreurs en se divisant si elle veut assurer la stabilité des suivantes. De même pour les civilisations. Si bien qu’on peut se demander s’il y a un faux vrai et un vrai faux, le vrai étant, comme pour le bien et le mal, difficilement séparable du faux. Contrairement à une certaine logique, le faux peut donc être bon et le vrai mauvais. La science n’évite pas le mal, elle peut tout à fait s’en accommoder. Il n’y a, en effet, »pas de volonté de vérité qui ne s’accompagne pas inévitablement d’une certaine agressivité, d’une volonté de conquête et de maîtrise, d’un désir de rabaisser et de détruire tout ce qui se présente sous les apparences du bien et de l’idéal » selon Jacques Bouveresse.
Il n’y a pas de science sans pré-suppositions ; celle-ci repose donc sur une croyance en des absolus. Croyances affirmées vraies quand bien même elles restent hypothétiques. De plus, la science nous a souvent trahi. Mais, même si la recherche de la vérité a conduit l’humanité a des déceptions, à des difficultés sérieuses et à des drames épouvantables il n’est pas certain que celle-ci doive se désintéresser de la vérité pour se mettre à rechercher la fausseté. Il lui faut surtout combattre l’étroitesse d’esprit de la science et le scientisme mais également celle du rationalisme et de l’intellectualisme, l’objectivité annoncée n’étant souvent que tactique.
D’après un sondage Gallup, effectué en 2001 aux USA, pays des plus évolué par l’instruction, 50% des adultes croient en la perception extrasensorielle, 42% aux maisons hantées, 41% en la possession par le diable, 36% à la télépathie, 32% à la voyance, 28% à l’astrologie, 15% au channeling, 45% à l’exactitude littérale du récit de la création dans la Génèse, 50% croient que le monde a été créé il y a 2000 ans… Ils sont nombreux à croire qu’on a découvert des armes de destruction massives en Iraq et que Saddam Hussein et Al-Qaïda ne faisaient qu’un. Combien sont-ils à être persuadés que le soleil tourne autour de la terre, voire que la terre est plate ? Ce n’est pas une question d’ignorance mais de choix assez délibéré et comme l’écrivit Lucrèce :
Toujours les imbéciles admirent et préfèrent
ce qu’ils aperçoivent caché sous des paradoxes,
ils tiennent pour vrai ce qui flatte leur oreille
et se farde d’une agréable sonorité. »
L’homme a donc une propension naturelle, que l’instruction ne défait pas, a admettre le faux comme vérité. Il n’est pas sûr que le scepticisme, l’incrédulité ou le rationalisme français nous écartent de tels pourcentages. Nous sommes, en reprenant Bouveresse, le plus souvent « sceptiques face à tout ce qui est le mieux établi au regard de la raison et crédules devant n’importe quelle sottise, si invraissemblable soit-elle, la contredisant, la ridiculisant ou l’insultant« . La démocratie, prise dans ses propres contradictions et qui s’est bâtie par son combat pour la vérité, doit aujourd’hui admettre, tolérer et respecter ces croyances, même, si d’un point de vue rationnel, elles sont absolument dépourvues de plausibilité et de fondement.
Depuis un certain temps, nous assistons à un retour du religieux. Robert Musil parlait déjà de « nostalgie de la croyance » dans une époque foncièrement non croyante. C’était dans la première moitié du XXème siècle. Cependant, on n’observe pas de renouveau religieux, au sens de la spiritualité, mais plutôt, comme le soupçonne Michel Onfray, une nouvelle forme d’orthodoxie religieuse, avec tout ce qu’elle a de plus traditionnel et de plus archaïche : rejet du rationnel, désintérêt du vrai, rituel de masse… Le domaine religieux s’intéresse à nouveau d’un peu trop près au pouvoir et à la politique, ce qui représente un bond de plus de deux siècles en arrière. Si, au XVIIIème siècle, on avait enfin compris que, pour plus de sérénité, il fallait rendre à César ce qui lui revenait, on assiste aujourd’hui à une tentative rétrograde de fusion de l’intemporel au temporel, comme il s’agirait d’un parasitage du second par le premier. A moins qu’il s’agisse d’une simple phagocytose. Or, si un peu de spiritualité ne fait de mal à personne, le pouvoir, quand il est pris par le religieux, si.

Polémique sur les sens de Lucrèce, romain du premier siècle avant J.C. :
« Celui qui pense qu’on ne sait rien ne sait pas même
si on peut le savoir puisqu’il avoue ne rien savoir.
Je négligerai donc de plaider une cause
contre qui a décidé de marcher sur la tête.
Même si je lui accorde cet unique savoir
qu’il me dise comment, s’il n’a rien vu de vrai au monde,
il sait ce qu’est savoir et ne pas savoir, d’où provient la notion du vrai et du faux,
quel est le critère du doute et de la certitude.
Tu découvrira que les sens formèrent les premiers
la notion de vérité et qu’ils sont infaillibles.
Car il faut reconnaître comme plus digne de foi
ce qui peut de soi-même réfuter le faux par le vrai.
Que trouver en ce cas de plus fiable que les sens ?
La raison toute entière issue de la sensation
pourra-t-elle les réfuter si sa source est trompeuse ?
Non, je ne le crois pas : chaque sens ayant un pouvoir
particulier et séparé, il est donc nécessaire
de sentir le mou, le froid ou le chaud séparément,
séparément aussi les couleurs variées des choses,
comme les qualité liées aux diverses couleurs.
Le goût possède aussi faculté particulière,
les odeurs et les sons naissent séparément,
ils ne peuvent donc pas se réfuter les uns et les autres,
non plus qu’ils ne pourront se corriger eux-mêmes
puisqu’ils devront toujours être également fiables.
Leur perception de chaque instant est donc vraie.
Et si la raison ne peut expliquer pourquoi
des objets qui de près étaient carrés paraissent
arrondis de loin, mieux vaut, à défaut de son aise
expliquer incorrectement les deux figures
que laisser échapper de nos main l’évidence,
que trahir notre foi première et ruiner toute
l’assise de nos vies et de notre salut.
Car non seulement ta raison s’écroulerait
mais ta vie périrait dès lors que tu n’oserais plus
te fier aux sens qui te gardent des précipices,
ou d’autres mauvais pas, et te guident à l’opposé.
Considère donc comme un vain amas de paroles
les arguments fourbis pour combattre les sens.
En architecture, si la règle est fausse au départ,
si l’équerre est menteuse et s’écarte des lignes droites,
si le niveau en quelque endroit cloche d’un rien,
il s’ensuit que tout est gauche et de travers,
difforme, affaissé, plongeant en avant, en arrière :
l’édifice discordant semble vouloir s’écrouler,
croule même en partie, tout entier faussé
par la fausseté des premiers jugements.
Ainsi toute raison qui naîtrait de sensations
mensongères serait mensongère et viciée. »
BONUS : Un petit podcast à cliquer, comme si le temps s’arrêtait. Si c’est long à venir, c’est normal, une espièglerie de Chronos.
20 mai 2009 à 20 08 57 05575
Tout est Faux Alzaz et c’est si Vrai ! bzous
20 mai 2009 à 21 09 12 05125
Oui mais. Tout est vrai même le faux.
21 mai 2009 à 13 01 43 05435
faux=paraitre
ceci est valable pour tous !
faux papiers, faux tableaux, faux riches, faux culs, faut que j’m'arrette, etc..
vrai=réalité
donc reflechis sur toi, pour arreter de mentir a la grand mere quand tu veux pas manger sa soupe ce soir
Et puis vous dormirez mieux…. o merde…les impots….
@ plus
21 mai 2009 à 20 08 31 05315
Putain les impôts.
Vrai = réalité, certes, mais comment les sens et le cerveau perçoivent cette réalité. Surtout quand t’as un peu trop bu avec le seb et que la zèb coule à flot. En tout cas, paraître = faux, c’est sûr. Mais dans l’absolu, on peut soutenir que rien n’est vrai (tout est faux) ou encore l’inverse : tout est vrai même le faux. Hum.
21 mai 2009 à 21 09 20 05205
Le truk, je pense, c’est pourquoi je me mens a moi meme? ou comment soulager son desepoir dans un canon, un chichon, ou autre chose? oui, effectivement.. j’ai de la route a faire, mais globalement, une fois guerri de cette auto-destruction, je re-verrai ce fameux ‘faux’ qui dis fais du jogging en souriant avec les dents blanches ‘comme tout le monde…Non..pas pour oim, et je suppotes pas pour oit non plu. je travaille avec mon yaourt, pour justemment contrer le boeufisme trop facile, tros con, qui me semble la solution ideale du parfait connard qui vole au dessus de l’etand..pas un cannard hein
suremment le mek qui se met pilo a tord, mais au moins il voit la réalité en face, et il boit parce que ca lui fais peur de voir tous ces cons aux manettes d’un avion qui vas crasher ou ‘amerrir’ gentimment sans que ca fasses trop de bulles. Sinon! huhu j’avais pas besoin de zeub pour picoller ma ptite binche
to shuss, et continues a nous faire germer les neuronnes
Donc…le vrai ou le faux? moi je dis VRAI! surtout a ce con de pape de mes 2 qui preches l’anticapote. qu’il ailles se faire sodomme par un dieu grec
bisous a tous !
21 mai 2009 à 23 11 12 05125
Je ne vais pas répondre complètement à ta question mais :
Tu trouveras quelque réponse dans les articles qui vont suivre. Plusieurs choses font notre malaise dans la civilisation : la rupture cosmique et amniotique de la naissance, la prise du pouvoir du moi sur le soi par le biais de l’ego, la tyrannie de cet ego sur soi et sur le monde, les références culturelles idiotes de notre conditionnement, la lutte pour la vie qui fait qu’on ne peut se reposer sur rien, sur personne, la solitude congénitale…
Le jeu des apparences, les simulacres pour paraître et leurrer l’autre (où l’ego se ment en permanence à lui-même pour se prouver qu’il existe bien alors qu’il n’est que fantasme) nous protègent dans cette jungle « civilisée ». Ton moi refuse le modèle social et le soi ne peut se retrouver dans un scénario aussi stupide, absurde ; le moi n’adhère pas « les dents blanches aux vents d’un jogging imbécile ». Le soi, étouffé, ne s’exprime pas et c’est l’ego qui choisit la défonse, manière d’exister autrement, d’ »être soi ». Mais ce n’est pas le soi qui est, il trinque tout simplement dans sa prison morale. Libère le soi. Sois.
Sois patient, un article tous les 5 jours. Le temps que je juge nécessaire pour lire et digérer. Grosso modo le plan est là : http://alzazou.wordpress.com/2009/05/12/hello/
Les titres peuvent changer.
A plustouille.
22 mai 2009 à 0 12 38 05385
RE !
Tu dis :
« la prise du pouvoir du moi sur le soi par le biais de l’ego, la tyrannie de cet ego sur soi et sur le monde, les références culturelles idiotes de notre conditionnement, la lutte pour la vie qui fait qu’on ne peut se reposer sur rien, sur personne, la solitude congénitale… »
C’est completement vrai, mais quand tu es concient de cela, depuis ta ‘tendre’ enfance, et bien ca prend la tete. j’ai pas envie de me la peter, mais quand tu en as chié toute ton enfance pour comprendre les cons, et bien tu finis par te resigner. Tu finis par te dire : il faut faire avec les cons. Et les cons sont cons, sert toi-en. Bref fais du faux avec du vrai.
par exemple, durant mon service militaire, le con etais super utile, ils nous ont bien dépannés
Pourquoi la nature autorise les humains décerebrés? mm?
L’ego est pour moi un truk a pars, indechiffrable…pour moi le ‘paraitre’ est une preuve de ‘non-assumance’ de sa propre image..’le faux’. je me demande bien comment y font pour niker ces gens la….parce que tu sais, faut sortir la quequette là..
tu dis :
Le jeu des apparences, les simulacres pour paraître et leurrer l’autre (où l’ego se ment en permanence à lui-même pour se prouver qu’il existe bien alors qu’il n’est que fantasme) nous protègent dans cette jungle “civilisée”. Ton moi refuse le modèle social et le soi ne peut se retrouver dans un scénario aussi stupide, absurde ; le moi n’adhère pas “les dents blanches aux vents d’un jogging imbécile”. Le soi, étouffé, ne s’exprime pas et c’est l’ego qui choisit la défonse, manière d’exister autrement, d’”être soi”. Mais ce n’est pas le soi qui est, il trinque tout simplement dans sa prison morale. Libère le soi. Sois.
Tout a fait, et cette espace bloggeux me le permet et je te remercies beaucoup
NB: nous ne sommes pas hors sujet, le faux et le vrai est partout !
gros bisoux sur la fesse du chat
22 mai 2009 à 21 09 20 05205
D’abord, tu prends conscience que le monde est ce qu’il est. Que tu es ce que tu es et que tu deviens ce que tu est. Après, faut faire avec les cons, certes, mais aussi régler son compte à c’te putain d’ego qui n’a aucune existence. Pas obligé de se servir des cons aus ens de les manipuler mais faire avec, oui. Pas trop le choix, à moins de faire comme moi : ne plus aller à la confrontation boulot et être un peu, pas mal même, seul. Aller jusqu’à rayer ses propres « amis. » Quand à faire du faux avec du vrai, attention que le faux ne devienne pas plus vrai que le vrai.
A l’armée, on nous met en catégories comme le biologiste le fait avec les rats. Les rats alpha sont dominants strictes, ils niquent la gueule aux autres pour leur piquer le territoire, la bouffe et les femelles. Les béta sont parfois les victimes des alpha mais sont plutôt indépendants ; ce qui ne les empêche pas de faire de temps en temps un sort aux oméga. Les humains, idem. Pauvres oméga. Solution : n’être plus ni rat ni humain.
22 mai 2009 à 13 01 58 05585
Socialement est politiquement, le faux est bien plus sexy que le vrai. Le vrai a besoin de temps, d’explication, d’analyse : il ne résiste pas au scoop médiatique, au traitement express de l’info, à la communication tous azimuts.
Le faux lui, peut se contenter de phrases lapidaires, il semble dénoncer des évidences et se pare donc des brillants que l’on prête à la vérité, ce qui est faux. Car la vérité est rébarbative, parfois ennuyeuse, sa démonstration fait chier, et amène souvent à dire des choses que personne n’a envie d’entendre.
Le faux est aussi un produit de consommation courante, à usage immédiat. La vérité elle, se construit dans le temps, et on est même pas sûr d’en profiter un jour. Ca nécessite d’investir pour les suivants mais alors, de quoi profiterai-je, moi ? La quête de la vérité ouvre incessamment de nouvelles portes, elle nous entraîne dans un réseau complexe d’hypothèses et de faits qui en amène d’autres, nous confrontant à l’angoisse de l’infini et de l’inextricable.
Le faux apporte une réponse simple à un problème qui ne l’est pas mais qui le devient du même coup, et il rassure tout le monde parce que tout le monde avait la bonne solution, et tout le monde avait compris.
Quelque part, le faux est une vérité à la portée de tous, alors que le propre de la vérité est d’être le soleil qu’Icare tenta d’approcher et auquel il se brûla les ailes : à la portée de personne !
22 mai 2009 à 21 09 34 05345
Merci de ton analyse qui complète mon article. J’aurais presque osé l’y intégrer comme citation, dans la cour des grands auteurs que j’utilise beaucoup.
Les études médicales monternt que les adeptes du simple, donc du faux, ont plus de chance de développer un syndrome Alzeimer que ceux qui cherchent et qui crapouillent et qui gambèrgent.
Personnellement, je tire une véritable jouissance à me torturer l’esprit. Comme pour le sportif, ça doit faire produire de enképhalines dans le cerveau. Et quand il me semble avoir entrevu du Vrai (est-ce ou pas à notre portée ?) j’en éprouve une puissante satisfaction presque viscérale. Mais il y a des liens entre le ventre et le cerveau, l’irrationnel et le rationnel.
Vrai pour le mythe d’Icare, moins pour celui de Boudha (qui ne parle qu’en son nom) ou celui de Jésus (idem : je suis le chemin, la vérité et la vie ?). Elle sembla à leur portée. Dans le mythe bien entendu.
22 mai 2009 à 23 11 53 05535
Tu n’es qu’un vil flatteur mais j’apprécie le compliment (et j’irai donc comme il se doit me fouetter 10 fois pour punir ce péché d’orgueil in nomine patri)
Mon esprit est un moteur diesel 1,9 L, en moins polluant. Il met du temps à chauffer mais quand il tourne, il m’emmène loin ! Merci à toi pour nous fournir de la matière à graissage de méninges. Manque plus que la cheminée pour discuter autour du feu (même si il fait chaud, m’en fout, j’aime bien les feux).
Quant à Jésus, ch’crois qu’c'est un gars qui se la pétait un peu mais je n’ose l’affirmer : je ne l’ai pas connu.
23 mai 2009 à 1 01 18 05185
Comme Spinoza, alors qu’il était athée, expliquait que Dieu existait en tant que concept (le dieu des philosophes), Jésus est conceptuel tout au moins. Après, que ce soit un concept ou un personnage historique, on lui prête à peu près n’importe quoi, je pense. Donc, du mythe.
le Frais le Veau. Paître ou ne pas paître, zatiz2queshtieune…
22 mai 2009 à 16 04 30 05305
La science n’apporte pas forcément la solution par rapport au vrai et au faux…même la Mathématique!!
Pourtant celle-ci pourrait faire croire à la vérité absolue par rapport aux sciences expérimentales.Mais comme tu le dis bien,la science se base souvent sur des postulats.
Et on peut bâtir des théories « vraies » sur des postulats faux.
La géométrie euclidienne part d’un postulat qui est que deux droites parallèles ne se rencontrent jamais…c’est ce que nous constatons dans dans notre réel. Tout est construit là-dessus.
Mais il existe d’autres géométries qui sont basées sur d’autres postulats….Par exemple,sur le fait que deux parallèles ont un point commun.
Et en partant de ce postulat faux dans notre réel on construit une géométrie qui est complètement logique et juste à tous points de vue…
Riemman a donc fait une géométrie basée sur un tel postulat,faux dans notre réalité.
Et pendant longtemps il n’y a eu aucune application….Mais ce qui est le plus fantastique c’est que plusieurs dizaines d’années plus tard cette géométrie s’est avérée vraie à l’échelle des élctrons….
Le réel d’un électron n’est pas le même que le notre,question d’échelle!!!
Alors quelle complexité la question que tu poses!!!
Le pire c’est dans les relations humaines:politique,économie….
Tout peut être vrai…et son contraire…en fonction de l’orateur…et de la force des convictions des gens.
En économie,avec les mêmes données,quelqu’un
t’explique que la solution est libérale par exemple et tu dis OK ses arguments sont logiques.Une autre personne t’explique à partir des mêmes données que la solution est dans la régulation,la nationalisation,le collectivisme et tu de dis aussi OK ses arguments sont logiques.
La version que tu vas garder comme la vraie est celle qui te convient le mieux sur un plan personnel. Cela est donc complètement irrationnel et anti-scientifique…
Bon j’arrête là car j’aurais trop de choses à dire..
22 mai 2009 à 21 09 53 05535
D’abord, comme tu le fais remarquer, la science repose sur des postulats (souvent synthétiques donc a priori) pas toujours vrais ou même vérifiés. Les dogmes s’écroulent un à un. D’autres les remplacent mais c’est ainsi que la science a pu avancer. Je ne parle pas des vérités comme « la terre est ronde » car je ne peux me payer le voyage dans l’espace pour le voir de mes propres yeux. A conditions que mes sens ne me trompent pas sur la vision et le réel. La terre ne serait même pas ronde puisqu’elle est complètement bosselée, mers et océans compris.
Euclide nous a conduit jusqu’au XXIème siècle mais il nous faut déjà faire La découverte essentielle pour repartir, aller plus loin. Des centaines de super cerveaux s’échinent en physique et en mathématiques pour décoincer la machine, en innovant mais l’energie sert à chercher, pas à trouver.
Pour ce qui est de la comparaison entre le monde à notre échelle et celle de l’électron, c’est encore les mathématiques qui ont permis d’y voir plus clair. Attention à ne pas rajouter au problème un conflit réel-vérité. Il suffirait de comprendre le réel de l’électron, le réaliser, pour faire de son réel le notre. Pour le moment, ça nous semble irrationnel mais le cerveau passe son temps à raisonner. Il trouvera un système de représentation utile pour aller plus loin dans la quête du savoir. Aussi peut-on penser qu’on va plus vite que la mesure dans l’utilisation de nos pseudo-savoirs modernes.
Néansmoins, je me méfis des scientistes, jamais des vrais scientifiaques, il y en a et je pense immédiatement à Albert Jacquard. ô my god.
22 mai 2009 à 18 06 26 05265
Waouh. J’aime. Des commentaires super intéressants et tous bien différends. J’en dirai forcément quelque chose quand j’aurai plus de temps. Là, je jouis du jour après une petite virée en décapotée. Je parle de la bagnole. A toute…
22 mai 2009 à 19 07 37 05375
Et ne parlons pas de la physique Quantique, la mécanique des Possibles ! On n’est pas rendus les gars. Les parallèles se rejoignent à l’infini c’est durdur à comprendre comme ça en pensant « ligne » mais le symbolisme en est fort en effet… Ah si on m’avait appris la métaphysique mathématique mâtinée de numérologie, j’serais scientifique pur jus tu peux me croire ! Quant aux paradis artificiels… Je gerbe copieusement sur l’hygiénisme rampant-ambiant. Oui on mourra en bonne santé. C’est-à-dire en s’ennuyant beaucoup. Aux prix de maintes privations et on sera tous bien chiants. Puisqu’il faut mourir !
22 mai 2009 à 20 08 21 05215
Faut que je trouve comment monter un forum sur ce blog, ça devient plutôt plaisant. Le sujet, qui ne résout rien sur le faux et le vrai -c’est comme on veut on fait, a le mérite d’avoir suscité un début de débat. Ne pas confondre vérité et réalité en tout cas.
Un blog de cheu OB à se balader sans se perdre http://lelabyrinthe.over-blog.net/article-1782580.html
Plus généralement http://lelabyrinthe.over-blog.net/article-3933362.html
22 mai 2009 à 21 09 56 05565
Et pis pour la défonse, c’est religieux. Un point c’est tout. Et prout à la midiluve
23 mai 2009 à 19 07 22 05225
Il y a un certain paradoxe dans le mensonge de la propagande politique et dans celui de la publicité: c’est que, le plus souvent, ils se présentent comme mensonge destiné à ceux qui, ne croyant pas, veulent, parce qu’ils ont accepté de se laisser séduire faute de mieux, croire et qui croient avec d’autant plus de fanatisme qu’ils savent au fond d’eux-mêmes que ce qu’ils proclament comme vérité n’est qu’un mensonge « partagé contre » ceux qui ne croient pas à leur dogme.
23 mai 2009 à 19 07 42 05425
Il y a de la guerre là dedans, un complot ? Mieux vaut avoir tort ensemble que raison tout seul. « Celui qui dit la vérité, il doit être exécuté. »